Votre application tourne-t-elle à peu près au même régime du lundi au dimanche, janvier compris ? Si oui, il y a de fortes chances que vous payiez une élasticité dont vous ne vous servez jamais. On m’a vendu le cloud à l’usage comme une économie pendant des années, et pour une charge plate, c’est régulièrement l’inverse.
Le cloud à l’usage facture l’élasticité : sur une charge stable, le bon calcul porte sur le coût total sur un an, pas sur le prix horaire affiché. Et sur ce terrain, le dédié repasse devant, souvent largement.
L’option que vous n’exercez pas
Ce que le tarif horaire facture, c’est la capacité de tripler vos ressources en quelques minutes puis de les rendre une fois le pic passé. Cette souplesse vaut de l’or quand votre charge fait du yo-yo : soldes, billetterie qui ouvre, campagne qui décolle. Elle est incluse dans chaque heure consommée, que vous l’actionniez ou non. Sur une charge qui ne bouge pas, vous réglez en continu une assurance grêle pour un champ que vous n’avez pas.
Le calcul qui compte : douze mois, tout compris
Aligner un tarif horaire d’instance et un loyer mensuel de dédié, c’est se mentir à soi-même. Je reprends tout sur une année pleine :
- le calcul, instance contre serveur dédié équivalent ;
- le stockage et les snapshots ;
- le transfert sortant, ce poste que personne ne regarde et qui pèse lourd à l’usage alors qu’il est souvent inclus ou symbolique en dédié ;
- les services managés, qu’il faudra exploiter soi-même une fois sur le dédié ;
- le temps humain d’exploitation, bien réel, mais que je sais chiffrer à l’avance.
L’an dernier, j’ai posé ce tableau pour un client industriel dont l’appli tournait à un niveau quasi constant. Sur le papier, l’instance coûtait trois fois rien à l’heure. Mais le transfert sortant, ramené à l’année, payait déjà une bonne part du dédié à lui seul. Une fois la bascule faite, la facture mensuelle a fondu d’un peu plus de la moitié, et elle est devenue prévisible au centime.
Où se situe le seuil
La vraie question n’est pas « cloud ou dédié » dans l’absolu. Elle tient à une mesure : quelle part de votre charge ne bouge jamais. Ce socle stable gagne presque toujours à passer sur du dédié à coût fixe. Ce qui est réellement élastique, les vrais pics, peut très bien rester à l’usage. Rien ne vous force à choisir un camp pour la totalité de votre infra.

Décider sur des nombres, pas sur une conviction
Je pose les chiffres avant de trancher. Ce qui est rentable à déplacer, on le déplace ; le reste attend son tour. Aucune religion là-dedans.
Reste une limite que je ne cache pas : ce calcul vaut pour la photo d’aujourd’hui. Il suppose que votre charge restera stable sur l’horizon retenu. Une croissance que je n’aurais pas anticipée, un changement de modèle métier, et le tableau se repose. Je le construis donc pour être révisé, pas pour être gravé une fois pour toutes.
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